Un Bond en côtes de Bourg

Bond roman vin Côtes de Bourg
Littérature. Demain ne suffit pas, un Bond dans les Côtes de Bourg
« J'évolue avec les personnages. J'ai adoré Eve (NDLR, héroïne de son premier roman, Et au bout, l'océan) ; ma rencontre avec Alfred a été ponctuée de grands moments de plaisirs et de franches rigolades.
Pour son deuxième ouvrage, Demain ne suffit pas, l'auteure samonacaise, Fanny Leblond, met en scène un agent de recouvrement du Trésor public à Bordeaux. Héros la nuit, névrosé le jour, ses tourments l'emmènent en Côtes de Bourg. Présentation

Al, c'est Alfred, un agent de recouvrement du Trésor public, à Bordeaux, qui découvre à 45 ans, que son anévrisme trop important pourrait l'envoyer dans l'autre monde du jour au lendemain. Individu lambda, introverti, névrosé, las de ses journées sans saveur, « Alfred le zéro » se mue en « Alfred 007 » durant ses rêveries, justifiant ainsi l'emploi du titre bondien du second ouvrage de l'auteure samonacaise Fanny Leblond, Demain ne suffit pas (éditions Passiflore), visuel à l'appui. Touché par la grâce, Alfred le simple se dit que, perdu pour perdu, il serait bon de tenter quelque chose une fois dans sa vie. Peu chanceux avec les femmes, son idéal se retrouve ainsi dans l'être chéri : Elle. Une quête qui l'emmène au fil des pages sur le terroir des Côtes de Bourg, dans l'imaginaire château Roque de Melua, en plein coeur d'une négociation entre vendeurs du terroir familial et acheteurs potentiels chinois. Echanges qui vireront en véritable thriller, permettant à Fanny Leblond d'équilibrer son récit non dénué d'humour et renvoyant Alfred vers les affres de la mort en l'invitant surtout à prendre son courage à deux mains pour se rapprocher de son idéal bondesque. A défaut d'en être burlesque ? « Pas vraiment, Alfred est plutôt quelqu'un qui part de très, très bas dans l'image et l'estime qu'il a de soi », rétorque Fanny Leblond.

Bond ou Tanguy ?


« Pour lui, le tournant ne se fait pas facilement. Le poids de sa mère est très important. Il est plus introverti que Tanguy (NDLR, comédie française réalisée par Etienne Chatiliez, sortie en 2001, dont le personnage principal a 28 ans, et vit toujours chez ses parents), car il ne se trouve pas forcément bien dans sa place d'enfant », souligne Fanny Leblond. D'où la nécessité de le confronter à une mort rapide et prématurée ? « En effet, je voulais traiter cette confrontation comme élément déclencheur d'un dialogue entre ce que Alfred est, ce qu'il était et ce qu'il aimerait être. Dans tout ce qu'il va tester et ce qu'il va découvrir, tout le ramène à ce qu'il n'a pas vécu à cause du côté castrateur de sa mère, qu'il a bien raison d'envoyer balader sec. » Des méconnaissances d'Alfred, le vin (qu'il adoube au lendemain d'une cuite !) joue une place centrale dans le roman de Fanny Leblond, originaire de Bourg-sur-Gironde et dont le premier roman (Et au bout, l'océan, éditions Passiflore, 2012, prix du jury Saint-Estèphe 2013) scrutait déjà les vignobles du Bourgeais.

« Venez voir, on peut faire du bling-bling »


« J'ai toujours baigné là-dedans et je crois que nous avons vraiment un territoire qui se prête à toutes formes d'ouvertures et d'histoires. Etre du Nord Gironde est souvent vécu comme quelque chose de très paysan. L'un des messages du livre, c'est ' venez voir, on peut nous aussi faire du bling-bling, du Bond ' », s'amuse Fanny Leblond. Présente à la première bourse aux livres, vieux papiers, revues et journaux anciens organisée par l'association Sali'an à Salignac, dimanche 23 juin (lire page 15), l'écrivaine comptera parmi les prochains invités du salon Livres en citadelle à Blaye. Une nouvelle péripétie pour Alfred.

Article rédigé par :
Renaud Solacroup

Haute Gironde du 28 juin 2013

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