Les sables du Jubaland, Yann Queffélec

 

J’ai fait un voyage extraordinaire. Un voyage au pays de la survivance. Une plongée au cœur de la misère la plus noire. Là où les hommes, la terre, la mer ne sont qu’un point sur une carte. Le dépotoir des sociétés modernes déversant leurs ordures bien loin de chez elles. Un lieu sans loi, sans voix ! Une plage, battue par les dégazages sauvages des cargos, par les immondices larguées des navires suivant le rail, tenue par la milice, habitée par les « lascars », nourris de rêves et des restes périmés des blancs foulant de leurs pieds d’enfants Les sables du Jubaland

Le raz de marée qui a détruit la plage, emporté les parents les a laissés seul livrés à la vie, à la mort. Les soins approximatifs apportés par un vieux missionnaire, la scolarisation, en font un pays d’espoir vendu à prix d’or par les passeurs. Aller vers le nord, prendre le bateau et gagner l’Europe, rejoindre Paris. Voilà le rêve secret de Zou et Dalia. Alors que d’autres se voient pirates, rois du monde, mafieux. Ces deux-là rêvent de Tour Eiffel. A quel prix… ?

 

Mon premier Queffélec. (Il n’est jamais trop tard pour commencer !) Ce roman m’accompagnera longtemps. Sa force, son regard sans concession, et tant d’espoir devraient le porter au programme officiel de tous nos adolescents désabusés.

 

A lire !

 

Les sables du Jubaland, Yann Queffélec, Plon, 2010, 20€

 

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